Thomas De Rammelaere, collaborateur à la SNCB, a sauvé une vie à Liège-Guillemins - 14 octobre 2013

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Thomas de Rammelaere, dirigeant de la Cellule Accompagnement des trains de Bruxelles, a utilisé un défibrillateur AED à bon escient. C’était en novembre 2012, en gare de Liège-Guillemins.

« Le 20 novembre 2012, je traversais la salle des pas perdus de la gare de Liège-Guillemins. J’allais prendre mon train. Un journal glissant sur le sol a capté mon attention. C’est ainsi que j’ai vu un monsieur âgé tomber par terre. Il bavait et râlait. Je me suis agenouillé et lui ai demandé s’il m’entendait. J’essayais de garder le contact, mais il perdait conscience. Un collègue a formé le 112 pour appeler du secours. Le pouls étant introuvable, je me suis mis en quête du défibrillateur. Agent SNCB, je savais qu’il y en avait un au fond de la gare, à côté du distributeur de billets de banque. Le fait de sortir l’appareil de sa boîte entraîne le déclenchement d’une sirène qui ajoute encore au stress. J’ai couru jusqu’à la victime, qui était couchée à l’entrée principale. J’ai ouvert l’appareil et ai très précisément suivi les instructions vocales. La première est « : « Restez calme ». Facile à dire. J’ai dégagé la poitrine de la victime, avec l’aide d’une voyageuse anglaise. On a eu des difficultés pour le déshabiller : manteau, veston, débardeur, chemise et singlet… On lui a passé cela au-dessus de la tête. J’ai suivi les indications, ai déballé les électrodes, les ai apposées comme indiqué. La machine a alors évalué qu’un choc était nécessaire. La voix enregistrée est très précise : « Ecartez-vous de la victime et veillez à ce que personne ne la touche. Le choc sera administré dans 3 – 2 – 1 ». Le choc est très impressionnant, les bras et jambes de la victime sursautent : ce qu’on voit à la télé, c’est pas du cinéma ! . « Commencez le massage cardiaque » dit alors la machine. J’ai alors prodigué un massage cardiaque, ainsi que des insufflations répétées, à chaque moment que dictait le DEA qui analyse automatiquement le rythme cardiaque. J’ai fait cela jusqu’à l’arrivée de l’ambulance et du SMUR. Ils m’ont demandé de continuer le temps de mettre leur matériel en place puis ils ont pris le relais ». Opération sauvetage réussie.
« Ce qui m’a fort marqué ? La foule qui s’est amassée autour de nous pendant l’intervention. Les gens étaient là. Je crois qu’ils ne savent pas quoi faire dans ces circonstances. J’avais eu une initiation au secourisme quand j’étais à l’école, à 14 ans. Elle m’a servi. On devrait remettre cela dans le programme scolaire. J’avais aussi à l’esprit cette maxime : « Don’t think to do, just do ». Je n’ai pas vraiment réfléchi, j’ai agi ». « J’ai glissé ma carte de visite dans la poche de la victime parce que je souhaitais savoir si il allait s’en tirer. J’ai obtenu son nom de la police. J’ai appelé l’après-midi : l’avis des médecins était réservé. Finalement, il s’en est tiré. J’ai pu lui rendre visite à l’hôpital, où je lui ai offert un cœur en massepain et lui ai rendu son journal. Il m’a, plus tard, invité avec ma famille, pour un dîner et m’a offert du (bon) vin ».

Le rythme du massage cardiaque : « Staying Alive »

Amusant : le rythme du massage cardiaque peut être calqué sur la chanson des Bee Gees « Staying Alive » qui porte donc bien son nom. Cela représente 100 massages par minute.

Hervé de Borman : « Merci à Thomas et au défibrillateur de la SNCB »

Le 20 novembre 2012, Hervé de Borman, 72 ans, s’effondre en gare de Liège-Guillemins, foudroyé par une crise cardiaque. Un agent SNCB lui sauve la vie, grâce au défibrillateur. Hervé raconte

Hervé de Borman est notaire honoraire. Il a 72 ans. Le 20 novembre 2012, le Flémallois se rend à Bruxelles en train pour raison professionnelle. Il n’a jamais eu d’incident cardiaque, aucun antécédent et il est en pleine forme quand il rentre dans la gare de Liège. C’est là que tout s’arrête. Le trou noir/ « Tout » ne reprendra que 8 jours plus tard, sur un lit d’hôpital de la Citadelle à Liège. « C’est bien simple, je ne me souviens de rien. Quand j’ai ouvert les yeux, je vois une infirmière africaine, la belle quarantaine, très souriante. « Je m’appelle Marguerite et je suis votre infirmière ». Elle m’explique en gros ce qui m’est arrivé, mon maintien en coma artificiel, mon réveil provoqué. « Je vous ai mis un stent en passant par l’aine. Si on doit vous en remettre un, dites qu’il faut que ce soit Marguerite » me dit l’infirmière. Devant mon air interrogatif, elle ajoute avec un grand sourire : « Pour placer le premier, c’est moi qui ai rasé la moitié de ton kiki. Je ferai alors l’autre moitié ».
Notre victime en rit encore. La suite, on la lui a racontée : l’accident cardiaque, l’intervention de l’accompagnateur de train, un deuxième choc donné dans l’ambulance du SMUR, l’arrivée à la Citadelle. « Le cardiologue, le soir, était très pessimiste : je ne crois pas qu’il passera la nuit » a-t-il dit à mes proches ». Finalement, Hervé résiste. « Dû à ma constitution » a dit le cardiologue. Dix jours d’hospitalisation puis retour à la maison. « J’ai ralenti mon rythme de vie, suit deux fois par semaine les exercices de revalidation cardiaque au CHU, et je marche 6 km quatre fois par semaine. J’ai aussi changé mon alimentation. Il y a des jours où je me sens encore un peu « flagada » mais les médecins m’ont dit qu’il fallait un an et demi pour se remettre complètement ».
Hervé de Borman sait qu’il est un miraculé. « C’est comme si l’on me donnait une deuxième chance, sourit-il. Je vois la vie autrement et prends plus de bon temps ». Il a remercié ses sauveurs et se réjouit de la présence des défibrillateurs dans les gares et lieux publics : « En France, il y en a bien davantage que chez nous » dit-il. Il sait aussi qu’il a eu de la chance d’avoir, au moment de l’accident, Thomas à ses côtés. « Les gestes qui sauvent, c’est très important. Si je témoigne sur mon expérience, c’est aussi pour encourager l’apprentissage de ces premiers secours ».

Des défibrillateurs dans les gares

Depuis 2010, les 14 plus grandes gares du pays sont équipées de défibrillateurs. Il s’agit de 19 Défibrillateurs Externes Automatiques (DEA). Ils sont mobiles, pouvant ainsi être emmenés auprès de la victime, et automatiques, donc très simples à utiliser. L’assistance vocale guide le passant, qui devient sauveteur, dans chacune des étapes de la réanimation cardiaque. Depuis 2006 , la loi belge autorise tout citoyen à utiliser un DEA dans le cadre d’une réanimation. Deux DEA sont présents dans les gares bruxelloises : un en néerlandais et un en français. (Il y en a également un troisième en langue anglaise dans le « Channel Terminal », Gare du Midi). Pourriez-vous les utiliser en cas de besoin ? Rien n’est plus simple. Découvrez leur fonctionnement : rendez-vous sur www.restartaheart.be. Ou venez assister à la formation géante, le 16 octobre à 15 h 30, Gare de Bruxelles-Midi.

L’utilisation des DEA dans les gares En 2012, les défibrillateurs dans les gares ont été utilisés à quatre reprises. Une fois en gare de Bruxelles-Nord, deux fois en gare de Bruxelles-Midi et une fois en gare de Liège-Guillemins. En 2013, le DEA a été utilisé une fois, en gare de Bruxelles-Midi. Dans quatre de ces cinq cas, la victime de l’attaque cardiaque est décédée. En novembre 2012, un accompagnateur SNCB a utilisé le défibrillateur en gare de Liège-Guillemins et a sauvé la vie de la victime. En 2012, les agents du Groupe SNCB (Securail et accompagnateurs) ont reçu, à côté de leur formation professionnelle, une information complémentaire liée à l’utilisation du défibrillateur. En effet, il avait été constaté que, dans toute une série d’appels au SOC pour signaler une personne inanimée en crise cardiaque, le personnel Securail ne pensait pas systématiquement au défibrillateur. Aujourd’hui, plus de 3000 agents de la SNCB ont été formés à l’usage du DEA. La SNCB-Holding participera le 16 octobre prochain, à la journée européenne « Restart a heart », littéralement « Fais rebattre un cœur ». Les gestes qui sauvent seront enseignés à la gare du Midi lors d’une formation géante ouverte à tous et encadrée par des professionnels. Chaque année en Europe, environ 350.000 personnes font un arrêt cardiaque en dehors des structures hospitalières. Actuellement, moins d’un patient sur 10 survit. (6 %). Les gestes qui sauvent ne sont pratiqués que dans 20 % des cas. Et pour cause, bien que simples à effectuer, ils sont méconnus. Les Belges sont en ce domaine statistiquement les plus mauvais élèves d’Europe. Afin de conscientiser et de former un maximum de gens aux ‘gestes qui sauvent’, la première édition du ‘Restart a heart Day’ aura lieu dans plusieurs pays de l’Union Européenne ce 16 octobre à l’initiative du « European Ressuscitation Council » qui regroupe tous les experts urgentistes. La SNCB-Holding participe, en collaboration avec le « Belgian Ressuscitation Council » (BRC), l’asbl Minipop – Les Amis du Samu et l’association eurégionale « EmUrgency », à cette opération importante. Le 16 octobre, de 15h30 à 19 h, les passants pourront se former en quelques minutes à la réanimation cardio-pulmonaire au cœur ( !) de la gare de Bruxelles-Midi. Le programme du jour, ainsi que le film de sensibilisation, peuvent être consultés sur www.restartaheart.be De tous les pays d’Europe, la Belgique est le pays où le citoyen est le moins conscientisé et le moins formé aux gestes qui sauvent.

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